From the magazine forumpoenale Heft Nr. 1/2015 | S. 1-1 The following page is 1

Editorial
Chères lectrices, chers lecteurs,

Vous tenez dans vos mains le premier numéro de forumpoenale, millésime 2015. Avant tout, la Rédaction vous remercie de votre fidélité et vous présente ses meilleurs vœux pour que 2015 soit une année riche, passionnante et heureuse.

La fin 2014 a été marquée par une décision de la CourEDH, dans le contexte des tensions existant entre les velléités marquées des Etats à lutter contre la récidive par la neutralisation du condamné réputé dangereux et l’objectif primordial et antagoniste de la réinsertion sociale. Dans un arrêt Bodein c. France du 13 novembre 2014 (req. 40014/10), la Cour a rappelé qu’une «peine perpétuelle incompressible» n’offrant au condamné aucune possibilité de sortie est contraire à l’art. 3 CEDH, mais a admis la conformité d’une peine de perpétuité ne permettant aucune possibilité d’élargissement avant une période de 30 ans que la Cour juge admissible, bien qu’allant au-delà de la tendance générale qui se situe en moyenne à 25 ans. Cet arrêt offre un passage (§ 55) intéressant dans le contexte de la discussion ouverte en Suisse à propos de la compatibilité de l’internement à vie (art. 64 al. 1bis CP) avec le droit supérieur. En effet, la Cour rappelle que les peines perpétuelles ne sont admissibles que si elles peuvent être soumises à un réexamen permettant aux autorités nationales de rechercher «… si, au cours de l’exécution de sa peine, le détenu a tellement évolué et progressé sur le chemin de l’amendement qu’aucun motif légitime d’ordre pénologique ne permet plus de justifier son maintien en détention». Ainsi, on trouve ici la confirmation de l’incompatibilité de l’internement à vie du droit suisse, dans la mesure où l’art. 64c CP n’instaure pas une voie d’élargissement possible suite à un examen régulier de l’état de l’interné et de son degré d’amendement, mais uniquement un examen de l’état des connaissances scientifiques permettant d’envisager un traitement.

La nouveauté significative apparue au matin du 1er janvier 2015 en droit pénal est sans doute l’entrée en vigueur des art. 67 ss. CP (RO 2014 2055), tentant de mettre en œuvre, avec un peu de nuance, les principes rigides et sécuritaires découlant de l’adoption par le peuple des mesures d’interdiction d’exercer certaines activités frappant les délinquants ayant porté atteinte à l’intégrité sexuelle de mineurs ou de personnes dépendantes (art. 123c Cst.).

Un vœu: que 2015 soit une année où la CEDH, garante de l’Etat de droit, soit préservée et renforcée!

Liebe Leserinnen, liebe Leser,

Sie halten das erste forumpoenale-Heft aus dem Jahrgang 2015 in den Händen. Vorab dankt Ihnen die Redaktion für Ihre Treue und wünscht Ihnen ein fruchtbares, spannendes und glückliches neues Jahr.

Ende 2014 erging ein bemerkenswerter Entscheid des EGMR zum Spannungsfeld zwischen dem betonten Willen der Staaten, die Rückfälligkeit mittels Neutralisierung des als gefährlich geltenden Täters zu bekämpfen, und dem wesentlichen sowie gegensätzlichen Ziel der Resozialisierung. In seinem Urteil vom 13. November 2014 i.S. Bodein gegen Frankreich (Nr. 40014/10) rief der Gerichtshof in Erinnerung, dass eine jegliche Entlassungsmöglichkeit des Verurteilten ausschliessende lebenslängliche Freiheitsstrafe gegen Art. 3 EMRK verstösst, sprach sich aber für die Zulässigkeit einer lebenslänglichen Inhaftierung ohne Freilassungsmöglichkeit vor Ablauf eines Zeitraumes von 30 Jahren aus, und dies obwohl Letzterer im Durchschnitt etwa bei 25 Jahren liegt. Für die in der Schweiz ausgetragene Debatte zur Vereinbarkeit der lebenslänglichen Verwahrung (Art. 64 Abs. 1 bis StGB) mit übergeordnetem Recht enthält das Urteil eine interessante Erwägung (§ 55). Der Gerichtshof betont, dass lebenslängliche Freiheitsstrafen nur dann zulässig sind, wenn sie der Überprüfung unterliegen, ob sich der Verurteilte im Strafvollzug nicht derart entwickelt und auf dem Wege der Besserung nicht solch grosse Fortschritte gemacht hat, dass unter dem Gesichtswinkel der Straflehren kein Grund mehr besteht, ihn weiterhin in Haft zu belassen. Da Art. 64c StGB eine Entlassung nach regelmässiger Prüfung des Zustandes des internierten Straftäters und Massgabe seiner Besserung nicht vorsieht, sondern nur eine Untersuchung zum Stande der wissenschaftlichen Kenntnisse bezüglich der Therapierbarkeit des Betroffenen zulässt, wird mit dieser höchstrichterlichen Aussage die Menschenrechtswidrigkeit der lebenslänglichen Verwahrung nach schweizerischem Recht bestätigt.

Mit dem Inkrafttreten der Art. 67 ff. StGB (AS 2014 2055) hat unser Strafrecht am Morgen des 1. Januar 2015 eine bedeutsame Neuerung erfahren. Die genannten Bestimmungen setzen in differenzierter Weise die starren und sicherheitsideologischen Prinzipien um, welche den durch Volk und Stände angenommenen Tätigkeitsverboten für Straftäter gegen die sexuelle Integrität von Kindern und abhängigen Personen (Art. 123c BV) zu Grunde liegen.

Ein Wunsch noch: Möge 2015 ein Jahr sein, in dem die EMRK als Garantin des Rechtsstaates bewahrt und gestärkt wird.

Yvan Jeanneret

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